top of page

Jadis & Naguère

Digipack_FINAL (glissés).jpg

Raconter des histoires. Telle est la “marque de fabrique” de notre ensemble Les Lunaisiens, comme le révèlent nos précédents opus. Jadis et naguère ne fait pas exception, et prend le mantra au pied de la lettre, puisqu’il nous transporte au cœur de la fabuleuse épopée de l’Histoire de France. Pour ce faire, nous ne suivrons pas les pas de Michelet, le père de notre ”roman national”, mais bien les traces, plus récentes, de France Vernillat et Pierre Barbier qui, en 1982, ont publié une « Histoire de France par les chansons » qui en dit aussi long sur l’Histoire que sur sa perception, laissant autant de place à la satire qu’à la poésie.

 

Notre propos ici, n’est pas tant de viser “l’authenticité” que de voir - et surtout d’entendre - comment les siècles, les souverains, les événements, ont pu nourrir la création populaire. C’est donc une vision résolument “décalée” que nous faisons entendre au public d’aujourd’hui, qui entrera allègrement en résonance avec les frasques, les racontars ou les partis-pris propres aux récits de la rue.

 

Dans Jadis et naguère, nous nous baladons entre les temps immémoriaux du royaume franc et ceux du grand Versailles, entre faits glorieux et maladresses inavouables, convoquant autant un caractère profondément nostalgique qu’une fibre parodique. D’ailleurs, la règle dans la concoction de ce disque fut de respecter non pas la chronologie, mais bien le goût de chaque histoire pour offrir un mélange textuellement savoureux et musicalement délicieux. 

C’est en premier lieu l’éblouissant travail de France Vernillat et Pierre Barbier - et leur Histoire de France par les chansons publiée en 1982 - qui a guidé nos recherches. Ils ont recueilli des centaines de chansons satiriques et historiques, comme La mort de La Palice en 1526 ou  Printemps Retourné en 1586, Naissance de Louis XIV en 1643,  la Rupture de Madame de Montespan vers 1682. En 1715, les langues se délient dans cette plaidoirie contre le Roi Soleil et La Mort du Roy sur l’air des pendus en est la parfaite illustration.


 

Nous avons également sollicité l’inépuisable répertoire de la société du Caveau, confrérie chantante et littéraire, créée en 1729 par Pierre Gallet. Édité en 1873 par la Quatrième société du Caveau, nous y avons notamment déniché un cycle de chansons évoquant des femmes célèbres et des rois de France : de Pharamond, personnage plutôt mythique, décrit comme le premier roi des Francs à « Frédégonde et Brunehaut » qui jouèrent un rôle essentiel dans les guerres franciennes entre 570 et 613 en passant par Héloïse, qui s’amourachait en 1113 du bel Abélard qui perdit beaucoup dans cette relation, donnant à entendre des lignes de dialogue particulièrement cocasse.

 

Un autre livre de chansons populaires nous fut précieux. C’est celui conçu par l’éditeur Henry Louis Delloye, qui, en 1843, redécouvre les grands classiques de nos chansonniers. Delloye dit de son ouvrage, et des chansons qu’il contient, qu’il prend sur le fait  « les mœurs, les usages, les opinions, les travers de chaque époque ». L’esprit chevaleresque y est ainsi glorifié dans la Chanson de Roland de 1804 (sur une musique de Méhul). Dans ce même registre, Le vieux château des Ardennes est une ballade fantastique écrite en 1788 par le poète Cazotte, également romancier du Diable amoureux. Cette célèbre complainte, pleine de fantômes, fut chantée au fils de Louis XVI, deuxième enfant du couple royal, décédé en 1789. 

 

Nous avons par ailleurs découvert Jadis et aujourd’hui du chansonnier Pannard sur une musique de Mouret, couplets chantés en 1726 où l’on regrette, encore aujourd’hui, ce temps joliment passé.  Henri IV, le vert galant, est également au rendez-vous sur cet air anonyme Les Tricotets, danse célèbre de 1581.

 

Enfin, nos célèbres chansonniers du XIXe siècle, Béranger et Désaugiers, participent également  à l’élaboration  de ce programme historique avec le premier qui nous décrit les sinistres « fillettes » de Louis XI (petites cages de fers dont se servait le monarque pour enfermer ses prisonniers d’État) et le second qui conclut ce disque avec un couple de vieillards qui s’endort chastement en se narrant mutuellement les anecdotes de leur existence sous le règne de Louis XV.  


 

Nous avons redécouvert ces pépites d’un répertoire  populaire en son temps. Mais une fois l’investigation effectuée, il nous a surtout fallu restaurer musicalement toutes les musiques de ces chansons souvent oubliées, le temps passé n’en ayant conservé que les mélodies.  Nos soins musicaux se sont portés, avec nos chanteurs et nos instrumentistes, sur la réinvention de l’esprit harmonique et ludique de ce matériau vocal qui fut tout d’abord composé pour divertir. Alors ne prenons pas trop au sérieux ces pages de la France, et faisons-en, avec nos chansonniers des siècles passés, un prétexte au plaisir !

logo CDD MECENAT.png
PREF_region_Hauts_de_France_RVB_edited.j
Logo%20Re%CC%81gion%20HDF_edited.png
Capture d’écran 2021-05-27 à 12.48.12.
Sans titre.png
HALLENCOURT LOGO CONSERVATOIRE D'ABBEVILLE NB.png

© 2020 Les Lunaisiens

  • Facebook
  • Twitter
  • YouTube
  • Instagram
bottom of page