[Petits] conseils de Bêtes

Théâtre musical baroque-hip-hop à partir de 7 ans

En coproduction avec La Barcarolle, scène conventionnée du Pays de Saint-Omer, l'Atelier Lyrique de Tourcoing, le CMBV, et avec le soutien du Festival des Abbayes en Lorraine et de la Région Hauts-de-France.

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ARNAUD MARZORATI
DIRECTION ARTISTIQUE, BARYTON

OLIVIER PROU
MISE EN SCÈNE

BAPTISTE MANIEZ

CRÉATION LUMIÈRES

IFFRA DIA

DANSE, CHORÉGRAPHIE

BRUNO HELSTROFFER

THÉORBE, GUITARE

CHRISTOPHE TELLART
VIELLE À ROUE

Hiver 173O...Un froid à ne pas mettre son nez dehors ! De peur que votre goutte au nez ne devienne stalactite. Dans les forêts de France, rien ne va plus. D’autant que des histoires de bêtes monstrueuses surgissent de tout le pays. C’est l’effet « Bête du Gévaudan » et les loups semblent avoir pris une certaine assurance.

Pourtant, en ces temps de misère, où la nature se joue des hommes, 4 bougres, 4 âmes perdues, 4 ménestrels, artistes mi- séreux, ont été appelés pour la Fête de Saint Nicolas. On les a mandés au gros bourg d’à côté ; là où les citadins voulaient faire la fête, danser, chanter...

Brioché, dit le singe, Esope le bègue, Barberi, grincheux comme un sicilien et le quatrième qui pourrait être cette jeune duchesse évadée d’un couvent, forment une compagnie de saltimbanques, d’artistes ambulants, déclamateurs de foires, amuseurs pour quelques deniers.

En cet hiver de 1730, les voici perdus, en pleine nuit, dans les bois où le nord a pris la place de l’ouest, où l’étoile polaire ne veut plus se montrer. Les voilà égarés. Chacun alors se raconte, se confie comme il peut, tente d’oublier la peur, cette méchante dame qui vous fait claquer des dents et des os comme un squelette.

Brioché, dit le singe, danse parce qu’il ne peut parler, Esope claque de la cornemuse - les mots sont embrouillés lorsqu’ils sortent de sa gorge ; Barberi, le sicilien, traîne avec lui un étrange instrument, qu’il dit avoir inventé pour un Prince véni- tien: c’est l’orgue de Barberi et il clame toutes sortes de fables excentriques où les animaux se prennent pour des hommes. Il les a entendus à la Cour du Roi Soleil, tous ces « Petits conseils de Bêtes » par un beau parleur qui se prénommait La Fon- taine. Il y a ce quatrième, une duchesse peut-être, qui chante et joue du flageolet pour charmer les rossignols.

Ils passeront toute la nuit hivernale à répéter pour eux-mêmes cette grande fable qu’est la vie. Vadrouillant du rire aux larmes, inquiets des bruits de la nature, ils deviendront spectacle étrange pour tous les animaux des bois. En espérant que leur histoire ne finisse pas emportée par une tempête, endeuillée par une Tarentelle du Diable...

Ah ! S’ils les humains écoutaient les conseils des bêtes...ils n’en seraient pas là, à traîner leurs carcasses comme des animaux. On n’a jamais vu même un loup sortir ses griffes par une telle froidure.

Avec cette grande fable musicale, «Petits Conseils de Bêtes», Arnaud Marzorati et ses Lunaisiens s’invitent dans un univers étonnant, celui du poète La Fontaine. Ils racontent les passions humaines avec des histoires de bêtes. Dans cette grande farce qui pourrait parfois sortir de l’imaginaire de Scarron ou de Cyrano de Bergerac, les codes de la théâtralité baroque implosent. L’on ne fait ni de la musique, ni de la danse, ni de la haute escrime...On persifle, on jacte, on sautille et l’on se tor- tille, on frappe, on grimace. On est d’ailleurs grimé comme dans un tableau des frères Le Nain, mais on est aussi caricaturé par un Picasso cubique. Les musiques sont belles : de Charpentier, Lully, Marin Marais et d’autres... les paroles sonnent bien : c’est du La Fontaine qui se dit lui-même descendant d’Esope et d’Orphée. Mais tout cela vit et renaît comme dans un grand « charivari », une fête musicale pour de nouveaux amoureux. Amoureux de la scène, amoureux du spectacle fou. Cigales qui ne cessent de chanter, grenouilles qui éclatent en se faisant « bœuf ».

Nos artistes sont multiples : chanteurs, musiciens, comédiens, danseurs. Ils sont partis, à la base, de partitions, de textes, de codes historiques pour arriver au-delà des frontières et réin- venter un monde artistique totalement excentrique : celui du drame et de la farce, comme Shakespeare. Mais Shakespeare n’a pas le monopole du clair et de l’obscur. Messieurs les anglais, tirez les premiers mais à nous la «grande parade» ! A nous Molière... A nous La Fontaine.

Résidence de répétitions au Festival des Abbayes en Lorraine