Bergère
Création scénique

ARNAUD MARZORATI
DIRECTION MUSICALE, BARYTON
FLORENCE DEBOVE
CHANT, LIVRET & DESSIN EN DIRECT
GERSENDE MICHE
REGARD EXTÉRIEUR
LES LUNAISIENS
TRIO INSTRUMENTAL BAROQUE
N.C.
CRÉATION DÉCORS
N.C.
CRÉATION LUMIÈRES
Florence Debove est une bergère peu commune.
D’ailleurs, connaissez-vous des bergères communes ? On en croise rarement dans notre quotidien sauf si l’on habite dans une zone pastorale et que l’on se déplace à l’allure de la transhumance en suivant les brebis.
Florence Debove est bergère depuis 2012. Et en plus de suivre le rythme des saisons et de ses brebis, elle en a pris un autre, de rythme : celui de la narration, de l’écriture et du dessin.
Conteuse, elle dresse les chroniques des montagnes, de son quotidien et de ses relations au monde du vivant.
Dessinatrice, elle croque dans ses carnets des esquisses et autres aquarelles de ses brebis et de ses chiens, d’une fleur, d’un sommet, d’une cabane.
Chanteuse, elle entonne des pastourelles et des cantiques de bergers dans l’ancestrale tradition des chansons médiévales.
Aussi se tissera, au contact des Lunaisiens, un dialogue entre des époques, des personnages, et des univers : l’illustration et la voix, la chanson et la lettre, l’immémorial et l’actuel.
La chanson de berger est une clé de voûte de l’univers que Les Lunaisiens explorent depuis plus de 10 ans. Elle incarne cette simplicité – de moyens instrumentaux, vocaux, d’écriture – qui sont le sel des chansonniers de tous temps. L’Arcadie – ce pays imaginaire ou les gardiens des troupeaux vivent en paix – est un idéal mainte fois repris dans la littérature, de Virgile à Rousseau.

La chanson pastorale, c’est la musique et le drame à la racine : l’essence de la peur – celle de l’orage, du loup ou de l’ours ; l’exaltation de la nature – dans les montagnes ou les grandes plaines ; l’amour naissant – entre la « bergère » et le « chevalier ». Ainsi le berger est traité comme un mythe : insaisissable, ancestral et toujours d’une pleine actualité.
Nous jouerons donc sur différents tableaux pour transposer sur scène cet univers simple et abondant. Florence Debove incarnera son propre personnage, dans cette unité de lieu qu’est la cabane du berger, fragile cocon au milieu des éléments comme l’est la barque d’Ulysse sur les flots. Bergère d’aujourd’hui, elle contera, chantera et dessinera – par un système de projection sur le fond de scène. Arnaud Marzorati apparaîtra quant à lui sous les traits d’un sauveteur en montagne, évocation du personnage de Marcabru, troubadour du XIIe siècle.
De cette rencontre par une nuit d’orage naîtra un dialogue artistique au coin du frêle poêle. Ensemble, la bergère et le sauveteur remonterons au sources antiques du berger, et descendrons le fil des évocations, empruntant à la veine rousseauiste autant qu’à la tapisserie du moyen-âge, toujours sous le regard parfaitement contemporain de la bergère.
Tous deux nous feront découvrir la permanence de la solitude du berger, de ses peurs mais aussi de ses exaltations, sentiments que ni la technique, ni le savoir n’ont pu faire oublier. Et ils relieront les pâtres-chansonniers de tous temps.
