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La belle meunière
une Schubertiade à la Française

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LES LUNAISIENS



ARNAUD MARZORATI
DIRECTION ARTISTIQUE, BARYTON

 

 

LUCILE RICHARDOT

 MEZZO-SOPRANO

PATRICK WIBART

 SERPENT

THOMAS VINCENT

THÉORBE

PERNELLE MARZORATI

HARPE TRIPLE

C’est en 1835 que le célèbre interprète Adolphe Nourrit chante pour la première fois du Schubert aux « habitués des concerts du Conservatoire ». Berlioz, témoin précieux de ce récital, relate l’événement : 

« Ce jour-là, Schubert passa en un instant, à Paris, de la réputation à la gloire. »

 

Pour l’occasion, Adolphe Nourrit traduisit lui-même le lied de

« La Jeune Religieuse » en français. Par la suite, d’autres mélodies seront mises au goût de l’époque par des traducteurs tels que Bélanger ou Richault : La Poste, La Fille du pêcheur, La Sérénade, etc.

 

Ce répertoire schubertien prend une place importante dans les salons musicaux, où l’on n’hésite pas à ouvrir les frontières entre la mouvance guidée par Goethe, suivi par Heine, et celle qui est en train de se révéler avec Hugo et son armée de jeunes romantiques.

 

Tous ces poètes et musiciens réagissent à ce siècle dernier des Lumières, qui s’est appuyé essentiellement sur la raison et le nouveau savoir des hommes. Mais, en art, faut-il tout raisonner ?

 

Bien sûr, nos romantiques gardent en tête l’enthousiasme de 1789 !

Mais ils partent surtout à la conquête d’une nouvelle sensibilité, d’une autre émotion qu’ils exaltent sans retenue en exprimant leurs états d’âme, passionnés et mélancoliques. 

Chasseurs d’émotions, ils n’hésitent pas à prendre les tournures du rêve et de son environnement fantastique.

 

Tout porte à croire que, par la nostalgie et ses mythes, ils retournent, tel le Faust de Nerval, vers un contrat originel dont ils avaient oublié la signature : celle de l’artiste avec la Nature.

 

La Belle Meunière de Schubert, Le Lac de Lamartine, La Sirène de Béranger, Le Spectre de la rose de Berlioz et d’autres mélodies encore affichent ce besoin d’échapper aux bornes rationnelles qui circonscrivent l’imagination et la création.

 

Voilà donc, avec ce récital tout en intimité, un univers expressif et dramatique qui s’abandonne entièrement dans le giron de notre langue française.

 

Cette Schubertiade, notre Belle Meunière, bercée des harmonies de la harpe, rythmée par la percussion de la guitare, enveloppée de l’énigme d’un cuivre en forme de serpent, laisse une large place aux voix de Lucile Richardot et d’Arnaud Marzorati, qui entonnent un autre « Chant du cygne », un nouveau « Voyage d’hiver ».

 

Lieder, romances, mélodies et chansons, toutes et tous s’expriment d’une seule voix : celle du romantisme passionné.

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© 2020 Les Lunaisiens

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