LE CODE DE LA ROUTE

HOMMAGE À BORIS VIAN

ARNAUD MARZORATI
DIRECTION ARTISTIQUE, BARYTON
 
AGATHE PEYRAT
SOPRANO
FABIEN NORBERT
TROMPETTE
PIERRE CUSSAC
ACCORDÉON
RAPHAËL SCHWAB
CONTREBASSE

SUR LES ROUTES DE VIAN & LA PATAPHYSIQUE

 

Faut-il un Code de la route, pour suivre le chemin de Bison Ravi - qui n’est pas un chef indien mais l’anagramme de Boris Vian ? Indomptable pataphysicien, adepte de la « science des solutions imaginaires », une pratique inventée par Alfred Jarry, père d’Ubu. « Merdre ! » Comme dirait l’autre, l’on pourrait s’y perdre dans tout ce charabia du « langage des oiseaux ». Mais rassurez-vous, Boris Vian est là, avec son Code de la route en chansons. Sur des airs populaires qui nous viennent de nos grands-mères et de plus loin encore (des gaulois ?), il nous instruit sur ce qu’une chanson bien tournée, bien ficelée, saura vous ravir, saura vous arracher le cœur ! Attention au feu rouge, attention aussi à tous ces virages, car le trajet de Boris n’est pas si simple...

 

On le connaît « déserteur », on sait aussi qu’il est « snob » et qu’il boit « systémati- quement ». Mais si vous voulez vraiment obtenir votre Code de la route selon Boris, il vous faudra revenir à d’autres standards, à d’autres tubes (mot inventé par Mister Vian, SVP). C’est d’abord la Pataphysique, on vous l’a dit, avec ses chansons « Cantate des Boîtes » et « Le Petit Lauriston ». Cette pataphysique, il la tient de Jarry, Alphonse Allais, Mac Nab, Xanrof, Charles Cros, Rollinat, des princes du Chat Noir. Vous allez entendre ses maîtres dans un répertoire qui se croise avec celui des « Cantilènes en gelée » : Le ver Solitaire, Les champignons, L’ange et l’Enfant, les Chroniques scientifiques...

 

La Pataphysique, rappelons-le est un jeu intellectuel, accessible à tous : une exception à l’exception, une science du particulier. Faut-il en rire, faut-il en pleurer ? Elle est dans les Beaux-Arts et dans les laids. Jeu intellectuel qui fait rire mais que l’on fait le plus sérieusement du monde. Ses adeptes sont artistes, écrivains, chansonniers ; et que font-ils avec cette dernière ? Boris Vian s’exprime sur ce sujet : « Je m’applique volontiers à penser aux choses que je pense que les autres ne penseront pas. » Vous en voulez d’autre ? Alors venez au concert, sans perdre votre chemin puisque Boris a laissé traîner son « Rock des petits cailloux »... qui ne sont pas ceux du Petit Poucet, mais plutôt des « Petits Pavés » de Paul Delmet, un chansonnier également du XIX° siècle. Quoi ? Boris fait des demi-tours jusqu’à si loin ? Plus encore, vous dis-je ; il nous conduit jusqu’à l’Origine du Monde. Attention ! Dieu, pour lui, n’est pas un démiurge à la barbe blanche. Mais c’est un beau black, le Dieu du Jazz, Duke Ellington, qu’il a conduit jusqu’en France, en passant par la route des Zazous...  

 

Il y a du brouillard dans tout ça. Vous croyez vraiment qu’on allait vous donner la solution sur ce chemin qu’il faut parcourir pour découvrir le Grand Boris et sa pataphysique ? Allons... Rendez-vous pour cela à notre concert. Nous y serons 5, comme les 5 doigts de la main. Cette main de Boris qui vous salue bien et que nous ferons revivre le temps d’une soirée, lui qui, par une peur - justifiée - de disparaître jeune donna tout ce qu’il avait dans ses textes et ses chansons. Et c’est pour ça, non pas le ça d’Heidegger mais plutôt le ça de « Sa majesté Boris » que nous rendons cet hommage à notre Brisavion Talonnai, pardon, notre Boris Vian National.

© Les Lunaisiens