Mephisto Valse

Parodie lyrique pour chanteurs et acteurs de chair et de  bois

    Au théâtre, il est de             tradition de transformer les thèmes les plus noirs en des comédies rocambolesques, de tourner au ridicule ce qu’il faudrait prendre au sérieux…

2 chanteurs

1 comédien

1 violon

1 flageolet-basson

1 accordéon

Faust fascine les romantiques. D’abord conte populaire, le mythe de Faust est réécrit par Goethe, puis la littérature française s’en empare sous la plume de Nerval. En musique, les compositeurs romantiques sont pris de passion pour le sujet : Berlioz, Paganini, Gounod, Liszt, Meyerbeer ou Massenet écrivent des pages hallucinantes habitées de la verve méphistophélique.

 

Le 19° siècle va-t-il introniser Satan comme le maître absolu de nos passions et de nos émotions ? Par bonheur, le remède aux pages « sataniques » qui nous conduiraient dans l’antre de Lucifer et qui nous feraient craindre que « Satan conduit le Bal » s’inocule par le rire !

 

Dans le monde de la parodie, Polichinelle se réincarne dans la peau d’un Faust fatigué, arthrosique, toussant et croulant sous le poids des livres. Il rêve de ce temps où, encore puceau, il jouait à ses jeux d’enfant et s’amusait à la marelle devant l’intimidante Marguerite.  

                                      

Ladite Marguerite, rondelette et joufflue, est, dans notre univers, charcutière. Aiguisant le couteau comme personne sur son rouet, elle fait passer ses longues journées à coup de jodle cinglant.

 

Méphisto, personnage capricieux à l’égo surdimensionné, dit posséder le pouvoir de faire danser les amants jusqu’à la mort grâce à son violon grinçant.

 

Reste Marthe, elle aussi marionnette, servante lubrique qui ne rêve que du corps de Belzébuth et s’apprête à célébrer sa grande nuit de Walpurgis.  

 

D’autres figurants de bois accompagnent le sabbat : Valentin, le frère, soldat et poivrot, Wagner endetté par le jeu, Siebel, jardinier simplet ainsi que des étudiants, soldats et cohortes de diables…

Tous ces personnages s’invitent au « Méphisto-Bal », une parodie détonante où chanteurs et marionnettes jubilent à recréer un opéra-comique endiablé. Le Faust de Gounod domine avec ses grandes pages musicales et ses arias qui sont détournées à souhait pour le plus grand plaisir du public : « l’air des bijoux », « Le Veau  d’Or », « Le Roi de Thulé », la « Gloire immortelle de nos aïeux » se transforment en « vaudevilles » guignolesques ou pompeux. Berlioz joue sa valse du sabbat à l’accordéon, la Danse Macabre de Saint-Saëns s’acoquine au Galop « d’Orphée aux Enfers » d’Offenbach ; l’ombre de Paganini surgit, tirant de son violon « des sons discordants ou sublimes ». La joueuse de flûte, en bonne succube, hypnotise, charme et nous rejoue la dernière Tentation de Saint Antoine où des démons nains s’essayent à pervertir les anges.

 

Jean-Philippe Desrousseaux à la mise en scène et Arnaud Marzorati à la direction musicale jouent avec la tradition de la parodie lyrique. Entre opéra, opéra-comique et vaudeville, ils redécouvrent un art de l’amusement musical espiègle et cocasse où musique, voix et art de la marionnette se réunissent autour d’un répertoire trop souvent mis de côté.

 

Ainsi cette Parodie « Méphisto-Valse » s’inspire-t-elle d’œuvres telles que « Les Bibelots du Diable » de Camille Schubert, « Le Diable à quatre » de Delaporte, « Léona et l’Enfer » de Piccini, les « Berlingots du Diable » de Marque.

 

Toutes ces œuvres marquèrent le XIXe siècle du fer tonitruant que fut le rire « populaire » qui accompagna la célébration des plus grands opéras de l’époque. Contre l’idolâtrie, le rire de ce que l’on vénère est certainement la meilleure mécanique expiatoire…

Distribution

Arnaud Marzorati

Direction artistique / Méphistophélès

Jean-Philippe Desrousseaux

Mise en scène / Faust

Marie Lenormand

Marguerite

nn

Violon

Mélanie Flahaut

Flageolet - Basson

Pierre Cussac

Accordéon

Charles Gounod, Hector Berlioz, Franz Liszt, Nicolo Paganini, Camille Saint-Saëns, Giuseppe Tartini, Jacques Offenbach, Paul Dukas, Modest Moussorgsky, Bedrich Smetana

Programme

© Les Lunaisiens