MAJOR KRETTLY

TROMPETTE DE L'EMPEREUR

« RACONTER » L’EMPEREUR

 

S’il en est un qui doit rendre hommage au Petit Caporal, au père de tous les « grognards », c’est bien lui, le Major Krettly, qui reçut sa trom- pette d’honneur des mains du « Premier Consul » après avoir sonné, au péril de sa vie, les commandements de son chef, lors de la Bataille de Marengo. S’il en est un qui pourrait croire que l’Empereur est éternel ou bien qu’il est, comme le dit la chanson de Béranger, l’incarnation du « Bon Dieu en personne », c’est bien lui, cet héroïque Krettly, couverts de décora- tions, de brevets d’honneur et qui fît résonner de son instrument martial, les avancées, les batailles et les victoires de la Grande Armée.

 

S’il en est un qui resta fidèle jusqu’au bout au « Petit Tondu », à celui qui partageait les coins de feu du bivouac, de celui qui haranguait ses militaires avec des mots simples mais qui ont perduré : « Je suis content de vous », « Voilà un brave », c’est le vertueux Kretlly qui pas une fois ne renia son admiration et sa dévotion pour cet autre « Charlemagne ». Krettly n’eût certes pas l’occasion de suivre ce Prométhée Français, selon Pouchkine, qui fût persécuté par Hudson Lowe jusqu’en 1821, jusqu’ à Sainte- Hélène. « Ce sacrifié par la trahison et l’aveugle ca- price du sort, mourut comme il avait vécu...captif mais héros. » Le Héros romantique de Krettly meurt, comme chacun sait, le 5 mai 1821 (Cantate de Pierre Jean de Béranger mise en musique par Berlioz !) Et pas un de ses « grognards », pas un des musiciens de la Grande Armée n’aura l’autorisation de faire retentir une sonnerie non pas aux morts, mais plutôt une sonnerie magistrale, digne de cette épopée qu’ils vécurent aux côtés de leur « César ». Confiscation de ce temps musical, de ce pouvoir d’un deuil poétique, que tant d’artistes voulurent incarner, qu’ils fussent ou non du côté de Napoléon.

 

Bien sûr, cet Empereur-Soldat est décrié ; bien sûr il accumule toutes les passions de ceux qui l’adulent et de ceux qui le conspuent. Il semble pour les uns, le digne continuateur des valeurs de la « Révolution et du Siècle des Lumières » ; il se métamorphose pour d’autres en un « Croquemitaine » sanguinaire, despotique et dictatorial. Mais des artistes comme Hugo, Stendhal, Balzac Nerval, David, Berlioz, Goethe, Lermontov, Heine et tant d’autres se souviennent de cette fascination que le « Corse » exerça sur la France et sur l’Europe de 1796 à 1821. Aussi, ce ne sont pas des polémiques qui doivent surgir de la trompette du Major Krettly, ce ne sont pas des batailles d’historiens qui doivent s’intercaler entre les chansons de Pierre jean de Béranger, d’Emile Debraux et de Désaugiers, tous chansonniers qui mirent en refrains et couplets la Légende Napoléonienne. Pas plus que les critiques acerbes de Tolstoï, ou l’outrance verbale d’un Hyppolyte Taine...

ARNAUD MARZORATI
DIRECTION ARTISTIQUE
LES LUNAISIENS
QUATUOR VOCAL
JEAN-DANIEL SOUCHON
TROMPETTE DEMI-LUNE
PIERRE-YVES MADEUF
TROMPETTE
JEAN-FRANÇOIS MADEUF
TROMPETTE
LAURENT MADEUF
TROMBONE, OPHICLÉÏDE
CYRILLE GRENOT
COR

Avec le Major Krettly et tous ses acolytes, fantômes de la grande épo-pée, suiveurs des Campagnes d’Egypte jusqu’à Waterloo, de celui qui« avait répandu sur la terre toute la Lumière que la tyrannie peut don- ner (Hugo) » ; avec tous ces sans grades galvanisés par la redingotegrise de leur chef et ami, à l’image paternelle et surnaturelle; avec cette troupe extraordinaire des oubliés de 1815, qui s’en reviennenttout comme le « Colonel Chabert » de Balzac, pour sortir du Purga-toire qui pour eux était un Enfer !

Avec tous ces biens nommés, nous incarnerons ces compositions etces chants qui furent sans doute le plus bel hommage à cette autreOdyssée de la Légende de la Grande Armée et dont le seul Homère est le Peuple lui-même.

Nous, musiciens des Lunaisiens et des Cuivres romantiques, révèleront l’œuvre musicale qui, des champs de batailles allait se poursuivre, dis- simulée, au moins jusqu’en 1841 dans des endroits obscurs, caves et souterrains. Avec une légion d’honneur en berne, avec un titre de ba- ron de l’Empire bafoué, nous entonnerons ce répertoire qui perduradurant plusieurs générations dans les foyers français, à l’heure des veillées. Retour des troubadours à la cause napoléonienne.

Un concert nostalgique et commémoratif du 5 mai 1821, qui sera in- troduit par quelques marches glorieuses, jouées par Krettly et ses com- pagnons instrumentistes ; sur des instruments dits d’époque : trompette demi-lune, ophicléide, cor naturel, bugle.

Des chansons qui furent des succès retentissants, sorte de LégendeDorée, évoqueront cette fulgurante aventure, à la manière d’une « Schubertiade », avec quatre voix d’hommes puissantes et émotives,aquarellées comme pour un chant du Cygne.

« Te souviens-tu » lancera l’un des chanteurs, l’autre par un autre couplet répondra : « Il partait avec les soldats et mangeait leurs pommes de terre » ; les trompettistes eux-mêmes, entonneront le «Chant de l’Oignon », puis le quintette jouera la «Marche des Pu-pilles ». Ainsi de suite, voix et instruments s’entremêleront pour narrer les grandes batailles : d’Austerlitz à Waterloo. Puis viendra l’Hymne de Sainte-Hélène, puisqu’il faut une fin même au plus beau des voyages,qu’il fût ou ne fût pas d’hiver.

Maintenant, place au Major Krettly ! Le voyez-vous ? L’embouchure auxlèvres...Respiration profonde pour que l’émotion ne lui noue point la gorge.

L’entendez-vous ?

Enfin, après 200 années, l’émotion est à son comble. La Légende re- prend du grade.
« Chantez son nom, chantez, il n’est pas mort. » (Béranger)

Avec le Major Krettly et tous ses acolytes, fantômes de la grande épopée, suiveurs des Campagnes d’Egypte jusqu’à Waterloo, de celui qui « avait répandu sur la terre toute la Lumière que la tyrannie peut don- ner (Hugo) » ; avec tous ces sans grades galvanisés par la redingote grise de leur chef et ami, à l’image paternelle et surnaturelle; avec cette troupe extraordinaire des oubliés de 1815, qui s’en reviennent tout comme le « Colonel Chabert » de Balzac, pour sortir du Purgatoire qui pour eux était un Enfer !

 

Avec tous ces biens nommés, nous incarnerons ces compositions et ces chants qui furent sans doute le plus bel hommage à cette autre Odyssée de la Légende de la Grande Armée et dont le seul Homère est le Peuple lui-même. Nous, musiciens des Lunaisiens et des Cuivres romantiques, révèleront l’œuvre musicale qui, des champs de batailles allait se poursuivre, dissimulée, au moins jusqu’en 1841 dans des endroits obscurs, caves et souterrains. Avec une légion d’honneur en berne, avec un titre de ba- ron de l’Empire bafoué, nous entonnerons ce répertoire qui perdura durant plusieurs générations dans les foyers français, à l’heure des veillées. Retour des troubadours à la cause napoléonienne. Un concert nostalgique et commémoratif du 5 mai 1821, qui sera introduit par quelques marches glorieuses, jouées par Krettly et ses com- pagnons instrumentistes ; sur des instruments dits d’époque : trompette demi-lune, ophicléide, cor naturel, bugle.

 

Des chansons qui furent des succès retentissants, sorte de Légende Dorée, évoqueront cette fulgurante aventure, à la manière d’une « Schubertiade », avec quatre voix d’hommes puissantes et émotives, aquarellées comme pour un chant du Cygne. « Te souviens-tu » lancera l’un des chanteurs, l’autre par un autre couplet répondra : « Il partait avec les soldats et mangeait leurs pommes de terre » ; les trompettistes eux-mêmes, entonneront le « Chant de l’Oignon », puis le quintette jouera la «Marche des Pupilles ». Ainsi de suite, voix et instruments s’entremêleront pour narrer les grandes batailles : d’Austerlitz à Waterloo. Puis viendra l’Hymne de Sainte-Hélène, puisqu’il faut une fin même au plus beau des voyages, qu’il fût ou ne fût pas d’hiver. Maintenant, place au Major Krettly ! Le voyez-vous ? L’embouchure aux lèvres...Respiration profonde pour que l’émotion ne lui noue point la gorge. L’entendez-vous ? Enfin, après 200 années, l’émotion est à son comble. La Légende re- prend du grade. « Chantez son nom, chantez, il n’est pas mort. » (Béranger)

© Les Lunaisiens