Dom Juan, tel qu'il inspira Molière

 

Une tragi-comédie pour chanteurs,comédiens, marionnettes et musiciens

Capture d’écran 2020-12-16 à 15.52.28.
ARNAUD MARZORATI
DIRECTION ARTISTIQUE, BARYTON
 
JEAN-PHILIPPE DESROUSSEAUX
CONCEPTION, MISE EN SCÈNE, MARIONNETTISTE, COMÉDIEN
CLAIRE DEBONO
SOPRANO
 
FRANÇOIS-XAVIER GUINNEPAIN
CRÉATION LUMIÈRES, SCÉNOGRAPHIE
DENIS DUVAL
COMÉDIEN, MARIONNETTISTE
MÉLANIE FLAHAUT
FLÛTES, BASSON, FLAGEOLET
CLÉMENCE SCHAMING
VIOLON
CHRISTOPHE TELLART
VIELLE À ROUE, CORNEMUSE
ANDREAS LINOS
VIOLE DE GAMBE
ÉTIENNE GALLETIER
THÉORBE
JOËL GRARE
PERCUSSIONS

Dom Juan est la pièce la plus baroque de Molière, avec un foisonnement de combats, d’épisodes amoureux, de spectres, d’effets de machines et de scènes où se mêlent les registres comiques, farcesques et tragiques. C’est une pièce ambigüe où Dom Juan joue un personnage provocateur qui combat toute autorité, encore plus cyniquement que ne le faisait Tartuffe. Une pièce redoutée dès sa création et qui n’a été jouée que quinze fois du vivant de l’auteur. Aujourd’hui encore, Dom Juan fascine par sa révolte. 

 

Pour bâtir sa pièce, Molière s’est inspiré d’un sujet de théâtre à la mode, d’un mythe qui venait de prendre naissance quelques trente ans plus tôt en Espagne et dont les Italiens s’amusèrent avec la commedia dell’arte. 

 

Petit rappel historique : à Paris, pendant deux siècles, le Théâtre de la Foire remporte un succès prodigieux, avec un répertoire qui a pour particularité de parodier les grands ouvrages et les grands mythes, devant un public qui réunit le peuple et l’aristocratie. Les comédiens italiens, ces interprètes de la Commedia dell’arte, que le public adorait et que Mazarin avait installés en France en 1644 jouissaient de la profonde admiration de Molière. 

C’est aux Italiens que Molière a emprunté le sujet du Tartuffe, puis celui de Dom Juan, dans leur pièce Il convitato di pietra (Le convive de pierre). 

 

Et c’est cette farce brillante que les Lunaisiens vont reconstituer, à partir de sources historiques et des canevas qu’ils ont retrouvés, pour célébrer les 400 ans de Molière en 2022. 

 

Arnaud Marzorati et le metteur en scène Jean-Philippe Desrousseaux, associés de longue date au plaisir historique de la Parodie, préparent un Dom Juan burlesque interprété par des marionnettes, des chanteurs et un comédien. 

 

Marionnettes en castelet pour les scènes burlesques, et marionnettes d’apparence humaine costumées Grand Siècle pour les scènes tragiques. Un spectacle émaillé de musiques, de pantomimes et de scènes de comédie, où Dom Juan brûle les planches des tréteaux de la Foire, sur le rythme alerte si cher aux Italiens du 17ème siècle, une farce où rien ne manque : ni la séduction du libertin, ni l’insolence et le défi envers l’autorité morale, ni les duels, ni les imprécations contre le Ciel, ni la chute aux Enfers ! 

 

 

 

 

 

Des chanteurs-acteurs et des acteurs de bois (ainsi nommait-on les marionnettes !) se partagent les dix-huit rôles ; ils sont accompagnés par quatre musiciens (et bruiteurs !) qui secouent et enchantent cette comédie en musique, puisque la musique était partout, du lever jusqu’au coucher de Louis XIV. C’est un répertoire vocal, composé de vaudevilles, de timbres, de chansons populaires et savantes, d’airs sérieux et à boire, recueillis pour beaucoup d’entre eux par l’éditeur Ballard. Molière les côtoya de longue date avec ses compagnons de scène Beys (auteur de la Comédies des chansons) ou d’Assoucy (qui écrivit aussi des musiques pour Corneille ). 

 

Un Théâtre Baroque se reconstitue. Avec ses changements de décors à vue, avec un extraordinaire dispositif de machineries rocambolesques pour les effets spéciaux, avec les loges des artistes qui se confondent avec la scène elle-même, où se pressent pêle-mêle les oripeaux et les costumes en attente d’être endossés, les marionnettes aux figures humaines et fantastiques et tant d’autres malles d’accessoires. 

 

Nous nous retrouvons dans ce temps où Molière était encore Poquelin et voyageait avec ses camarades, où il s’inspirait des scènes et de canevas fournis par les comédiens italiens et qui trouvaient un impact immédiat sur le public. Emprunter les sources de Molière et restituer « Dom Juan, ou le Convive de pierre » de Joseph Dominique Biancolelli (1636-1688), pour rendre hommage à un auteur immortel, révéler l’extraordinaire et la merveilleuse alchimie de celui allait devenir le plus énigmatique de ses personnages.