Polichinelle invisible chez le roi de la Chine

Polichinelle invisible chez le roi de la Chine

     LA guerre des théâtres    .... fait rage. pour contourner l’interdiction, les forains décident de faire chanter le public, sur des airs connus, qui lira de grandes pancartes sous laquelle évoluent en pantomime les acteurs.

Le karaoké est né !

1 baryton

1 violon

2 guitares

LE CONTEXTE

Au XVIIIe siècle la concurrence des théâtres amène la Comédie-Française à mener une véritable guerre contre les théâtres de la Foire. Ceux-ci donnent leurs spectacles pendant la Foire Saint-Germain en hiver, et pendant la Foire Saint-Laurent en été. La ComédieFrançaise, s’appuyant sur son privilège, fait interdire aux forains de jouer des dialogues, puis des monologues ; elle les empêche de parler ; ils se mettent alors à chanter ; l’Opéra intervient en exigeant le paiement d’une redevance pour avoir le droit de chanter. Ceux qui ne peuvent payer inventent de faire chanter le public (pièces par écriteaux), les autres, en payant la redevance, donnent naissance à l’opéra-comique (en 1714). En 1722, la Comédie-Française décide alors d’interdire tout simplement les acteurs. Les forains imaginent alors de continuer leurs spectacles en donnant des pièces pour marionnettes… Si les marionnettes existaient depuis longtemps, c’est la première fois qu’elles sont utilisées dans de véritables opéras-comiques avec texte écrit et musique plus développée. Le succès est considérable. En février 1722, le Régent se fit transporter à la Foire Saint-Germain à 2 heures du matin pour voir une parodie pour marionnettes !

Le spectacle que nous proposons permettra de remettre en lumière un pan du patrimoine culturel considéré au XVIIIe siècle comme « non officiel », et qui s’est construit en marge des grandes créations de l’Académie royale de musique. Théâtre en musique né sous la contrainte, les théâtres de la Foire incarnent la vitalité et l’irrévérence.

 

Arlequin invisible chez le roi de la Chine, pièce de Le Sage, est créée en 1713 quand la guerre des théâtres fait rage : c’est à l’origine une pièce par écriteaux : pour contourner l’interdiction, les forains décident de faire chanter le public, sur des airs connus, qui lira de grandes pancartes sous laquelle évoluent en pantomime les acteurs. Le karaoké est né ! Polichinelle invisible chez le roi de la Chine est une adaptation pour marionnettes de cette pièce par Jean-Philippe Desrousseaux. Clin d’œil aux années si difficiles où les forains furent interdits… d’acteurs !

 

Françoise Rubellin 

Directrice du Centre d’études des théâtres de la Foire et de la Comédie-Italienne

(CETHEFI, université de Nantes)

NOTE D’INTENTION

 

Au début du XVIIIe siècle, une vague de « chinoiseries » déferle sur l’Europe. Chacun veut son cabinet, ses magots, ses tentures de soies, ses peintures… à la chinoise. C’est dans ce contexte que se développent les spectacles à thème chinois, aussi bien à la Comédie-Italienne qu’aux Foires Saint-Germain et Saint Laurent.

 

Notre pièce est adaptée d’une pièce de Le Sage de 1713 avec des emprunts à Favart (Les Chinois) et à Racot de Grandval (Le Pot de chambre cassé). Vaudevilles, fragments instrumentaux, morceaux jésuites « à la chinoise » constituent le fonds musical de cet opéra-comique pour marionnettes.

 

Pour le remercier d’un service rendu, le diable transporte Polichinelle en Chine où il va pouvoir devenir invisible. Dans un palais merveilleux, il découvre les mœurs étonnantes de la favorite, désespérée d’avoir perdu son amant musicien, et va tenter de la consoler.

 

L’argument : Polichinelle se fait transporter très loin de Paris… en Chine où il va découvrir des palais merveilleux, des coffres plein de richesse, et les mœurs étonnantes du roi de la Chine et de sa favorite. Rendu invisible par un génie, il se retrouve au cœur d’intrigues dont il va se tirer avec brio.

Jean-Philippe Desrousseaux

LA MUSIQUE

Comme à l’époque, la musique est constituée de vaudevilles, ces airs populaires issus de chants ou de fragments célèbres d’opéras de Lully, et de passages instrumentaux variés. Nous emprunterons à Rousseau son air chinois noté dans son Dictionnaire de la musique. Celui-ci plantera le décor mélodique, une musique pékinoise vue par les occidentaux. On interprètera les « murmures de l'Orchidée solitaire » avec l'oreille musicale de Polichinelle et de ses comparses. L'orgue à bouche « Sheng » passera par un autre gosier, le luth « pipa » sera gratté à l’occidentale et pour la flûte « Xiao », point de mélopées confucianistes mais de la tarentelle et du branle de la Foire Saint-Germain.

 

La musique s’appuiera aussi sur les recherches et les travaux des musiciens jésuites du XVIIIe siècle comme Teodorico Pedrini (1671-1746) ou le père Joseph-Marie Amiot (1718-1793) qui rapporta en 1779 en France des Divertissements de musiques chinoises. C’est ainsi que Polichinelle pourra entonner « le mouton sur la colline » ou le « pommier sur la lune ». S'ajouteront quelques vénérables timbres des Opéras Chuanju et des mélodies de ménétriers adeptes eux-aussi du théâtre de marionnettes

Arnaud Marzorati

Distribution

Arnaud Marzorati

Voix et direction artistique 

Jean-Philippe Desrousseaux

Mise en scène et marionnettes

Françoise Rubellin

Conseillère théâtrale

 

Mélanie Flahaut

Flûtes et Basson 

Etienne Mangot

Viole de gambe 

Etienne Galletier

Luth  

 

François-Xavier Guinnepain

Lumières et scénographie

Petr et Katia Řezač

Création des marionnettes

Philippe Chanel

Décors

© Les Lunaisiens