On n'est pas là pour chanter des cantiques

1 chanteur

1 basson

1 violoncelle

1 piano

DISTRIBUTION

ARNAUD MARZORATI

BARYTON

DIRECTION ARTISTIQUE

MÉLANIE FLAHAUT

BASSON / VOIX

ISABELLE SAINT-YVES

VIOLONCELLE / VOIX

JOHANNE RALAMBONDRAINY

PIANO / VOIX

Aristide vient parler de la sexualité d’Aramis, mousquetaire du Roi... fait l’éloge de Priape, le grand masturbateur, ou de Guiliguilou totem zoomorphique qui pratique l’art de l’auto fellation.

De lupanars en tripots, de caves en voùtes malsaines, ce chanteur obsédé par les entrailles du monde, a fini par trouver sa voix... voix de l’obsession sexuelle.

Par bonheur, Aristide a trouvé 3 jolies putes, 3 musiciennes obscènes qui jouent les ingénues, mais qui (dans le fond) interprètent de belles petites mélopées qui accompagnent les tergiversations péniennes du chanteur jouisseur. Et ils l’arment, haut et fort : on n’est pas là pour chanter des cantiques... Le spectacle a été crée en février 2012 au Bateau Feu / Scène nationale Dunkerque.

On n’ est pas là pour chanter des cantiques est à la fois un projet ludique sur l’art de la chanson grivoise et obscène, avec un répertoire issu principalement d’une recherche dans les ouvrages licencieux du département «enfer» de la Bibliothèque Nationale de France.

C’est également un travail de réflexion sur l’art de la chanson salace dans le milieu bourgeois des chansonniers du Caveau Moderne au XIXe siècle, de la restauration à la IIIe République.

Enfin, c’est un témoignage des rapports entre la Femme et l’Homme, et particulièrement autour de cette notion de plaisir qui semble, selon le spécialiste Alain Corbin, avoir été source de peur, par le biais d’une pudeur et d’un positivisme malsain que l’élément masculin imposa dans sa domination sur le sexe faible.

Le spectacle se compose de textes de chansons anciennes, composées par des auteurs célèbres comme Maupassant, Gautier, Louÿs, Rimbaud et d’autres anonymes ou inconnus.

Il y a également une écriture de monologues inspirés de textes historiques ou scientifiques d’Alain Corbin, Max Chaleil ou Parent-Duchatelet. Les musiques ont été pour certaines retrouvées mais ont nécessité une nouvelle harmonisation.

Enfin, nous avons composé des mélodies qui amènent le spectacle vers une musique plus « contemporaine » avec également le souci d’une part d’improvisation, qui nous semble essentielle pour élargir le « champ » du contenu puissant que présente le sujet de notre spectacle : chanter et dire l’obscénité.

La musique de Lupanar est une musique oubliée... Musique censurée, musique cloîtrée... musique non révélée... Nous n’avons aucun témoignage sonore sur cette pratique inévitable pour amener les plaisirs des clients des bordels.

Quelques écrits seulement sur de petits ensembles de «musique de chambre», dans des estaminets douteux, où les musiciennes étaient des «quatrièmes accessits ex aequo du Conservatoire » et où la « beauté et la toilette étaient au moins de moitié dans l’apport ar- tistique de ces sirènes du punch et de la demi-tasse ».

La musique du Lupanar est donc une musique qui se regarde. Pas de jugement, pas de pudeur, pas d’achar- nûment policé ; une musique pour le plaisir... Ménestrels et catins se sont toujours tenus par les coudes. Tant pis pour nous si une nouvelle fois nous ferons trembler les murs de l’ «establishment ».

© Les Lunaisiens