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On n’est pas là... pour chanter des cantiques

La musique de Lupanar est une musique oubliée... Musique censurée, musique cloîtrée... musique non révélée... Nous n’avons aucun témoignage sonore sur cette pratique inévitable pour affiner les plaisirs des clients des bordels.
Quelques écrits seulement sur de petits ensembles de « musique de chambre », dans des estaminets douteux, où les musiciennes étaient des « quatrièmes accessits ex aequo du Conservatoire » et où la « beauté et la toilette étaient au moins de moitié dans l’apport artistique de ces sirènes du punch et de la demi-tasse ».
La musique du Lupanar est donc une musique qui se regarde.
Pas de jugement, pas de pudeur, pas d’acharnement policé ; une musique pour le plaisir... Ménestrels et catins se sont toujours tenus par les coudes. Tant pis pour nous si une nouvelle fois nous ferons trembler les murs de l’ « establishment ».

On n’est pas là pour chanter des cantiques est à la fois un projet ludique sur l’art de la chanson grivoise et obscène, avec un répertoire issu principalement d’une recherche dans les ouvrages licencieux du département "enfer" de la Bibliothèque Nationale de France.
C’est également un travail de réflexion sur l’art de la chanson salace dans le milieu bourgeois des chansonniers du Caveau Moderne au XIXe siècle, de la restauration à la IIIe République.
Enfin, c’est un témoignage des rapports entre la Femme et l’Homme, et particulièrement autour de cette notion de plaisir qui semble selon le spécialiste Alain Corbin, avoir été source de confiscation et de peur, par le biais d’une pudeur et d’un positivisme malsain que l’élément masculin imposa dans sa domination sur le sexe faible.
Le spectacle se compose de textes de chansons anciennes, composées par des auteurs célèbres comme Maupassant, Gautier, Louÿs, Rimbaud et d’autres anonymes ou inconnus.
Il y a également une écriture de monologues inspirés de textes historiques ou scientifiques d’Alain Corbin, Max Chaleil ou Parent-Duchatelet.

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