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Comme un marteau frappant l’enclume

Dans une rue qui existe à peine, dans une rue qui n’appartient qu’à la misère, une rue fréquentée par tous les poètes de Paris, il entend derrière les volets d’une fenêtre close, le soufflet mélancolique d’un bandonéon ; cet instrument d’abord conçu pour la liturgie, qui très vite s’est trouvé à chanter pour les bordels de l’humanité.

Isidor Ducasse, le poète du « Maldoror », revenu de Montévidéo, revenu des Amériques avec sous son bras, ce noble instrument des hommes de la Pampa, hurle sa prose dans sa chambre de bonne avec ce bandonéon qui lui sert de poumons.

L’autre celui qui se compare à un albatros, découvre derrière cette fenêtre fermée, le chant de tous ses maux.

Sans se voir, sans se connaitre, sans se rencontrer, ces deux poètes se réunissent enfin par la musique d’un instrument tellement Spleenétique, que l’on ose croire qu’il existe…

Le Bandonéon est le souffle même de la poésie des hommes, il est créateur d’une sonorité qui ne trahit jamais les mots et leurs couleurs….

Mettre la poésie en dehors du livre et la proclamer avec les armes que sont,
La musique, la composition, la déclamation, le chant, l’improvisation, le geste et le silence…

« Les chants du Mal », mélodrame composé et joué sur des poèmes de Baudelaire et Lautréamont, par le chant du Bandonéon et la voix de l’homme impose cette cinglante constatation que « nos poètes ont mal... ».